Episode 2 : solitudes humides

Après 5 jours intenses de logistique, de rencontres et d’organisation, un taxi/mini-bus nous attend devant le cottage. Il est grand temps de vivre l’aventure que l’on est venu chercher …

Arrivée au camp de base d’Elanka, sur les bords de la Lena, et déchargement du mini-bus
Photo : Clément Belleudy

Acte I : Elanka, la Rive aux Milles Merveilles

Au début, la route est goudronnée. Tous les kilomètres, le mini-bus fait un bond, lorsqu’il passe à 110km/h sur les jonctions du goudron éclatées par le permafrost. Au bout de deux heures, le goudron se faire rare, et la route se transforme en chemin de terre (plus ou moins cabossé). Ce changement n’inquiète guère nos amis locaux, qui ne descendent jamais en-dessous de la barre de 90km/h, quel que soit la qualité du revêtement.

 Il n’est pourtant pas loin de 16h, après 6h de route, lorsque le taxi attaque la descente en direction de la plage, afin de nous poser au camp de base d’Elanka (à plus de 20km de la dernière maison de pêcheur). Le conducteur et notre ami Alexander repartent pour Iakutsk, en s’étant assuré que l’on ne manque de rien. En 1h, nous montons le camp, composé de nos deux tentes de couchage et d’un barnum.

Virgile, équipé de son chapeau moustiquaire, le pantalon dans les chaussettes, s’attaque à la pêche sans plus tarder, pendant que les 4 autres se baignent et se douchent dans la Lena. Le paysage est grandiose, tout simplement. Après avoir traversé 150 kilomètres de plat, de forêts et de petits villages, nous voilà devant une immensité de sable et d’eau : la Lena à perte de vue, à droite comme à gauche, des arbres sur la rive opposée, et des falaises qui se perdent à l’horizon sur notre propre rive … Le camp est installé légèrement en retrait de la plage, dans une zone herbeuse, où un emplacement de feu nous indique les habitudes du lieu. On se rend vite compte que de nombreux plastiques et déchets en tout genre jonchent la plage et les alentours du camp, la notion d’écologie et d’éco-responsabilité ne semble pas autant développée ici que dans nos pays occidentaux.

Jour 2.

Il pleut à verse. Au réveil, je casse un arceau de la tente et perce la toile. Le barnum est lui aussi inondé. Une heure plus tard, on bloque l’ordinateur en faisant un transfert de données (problème de bluetooth). Décidément, ça promet une journée riche en bons moments et en ouverture de voies…

Aux alentours de midi, on trépigne, et on se motive rapidement à attaquer les accès par le haut des voies et le repérage, sous la pluie. Virgile, Théo et Alizée s’attaquent à l’accès d’un pilier de 40 mètres, qui se détache dans le paysage et semble propice à l’équipement d’au moins 2 lignes. Pour ma part, après une tentative infructueuse dans un goulet raide et terreux, j’opte pour la mission « exploration de la forêt Sibérienne » en solitaire, en faisant un détour gigantesque et en visant au flair le sommet des parois les plus hautes. Au bout de quelques heures, j’ai atteint mon objectif, et je pose une corde statique afin de descendre dans l’axe d’une fissure relativement sale, qui se tient à côté d’un mur raide et compact. Les trois amis ont atteint le sommet du pilier (en passant par derrière), ont mis également une corde statique dans les lignes, et ont commencé à purger et à chercher les mouvements esthétiques.

Le pilier en question, renommé « Petite Moula ».
Photo : Clément Belleudy

On est quand même rapidement trempé jusqu’aux os, et on bat en retraite.

Thibault

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